Main ouvrant une malle en bois vert remplie de trésors glanés en forêt : pommes de pin, fleurs séchées, lichens, champignonMain ouvrant une malle en bois vert remplie de trésors glanés en forêt : pommes de pin, fleurs séchées, lichens, champignon

Les Aubépines
Les racines

par Agnès Nicot
artiste et artisane d'art agnes nicot, Les Aubépines à limoges

Je m’appelle Agnès Nicot, et je crois que j’ai toujours marché vers Les Aubépines. Des rencontres décisives, des moments qui bouleversent mais qui enseignent aussi : rien n’était tracé, et pourtant tout semblait y mener.

Peu à peu, mes mains ont appris à dire ce que les mots taisent. Artisane d’art par le geste, artiste par le regard. Sensible, surtout. Créer est devenu mon équilibre, une manière de cueillir la douceur parmi les épines.

Sculptures végétales iris, monnaie du pape et eucalyptus en laiton dans des vases en porcelaine, Les Aubépines

Ma démarche

Je suis convaincue que pour prendre soin du monde, il faut d’abord en ressentir la beauté. Mais dans notre quotidien agité, il est parfois difficile de s’y relier. Contempler le végétal m’y ramène, toujours. C’est ce chemin que je partage : à travers mon regard, j’invite chacun à ralentir, à se laisser toucher.

Mes créations font entrer un peu de nature dans nos vies, et avec elle un souffle de poésie. Une manière douce de se relier à soi et au vivant. À fleur de peau ou dans un coin de lumière, elles deviennent un rappel discret, jour après jour : s’émerveiller, voir autrement, et, comme l’aubépine, protéger ce qui est fragile.

Bijoux et sculptures racontent la même histoire. Les uns accompagnent le corps, les autres trouvent leur place dans un intérieur. Aujourd’hui, un nouveau chapitre s’ouvre. Ce récit se prolonge dans de nouveaux espaces : scénographies, compositions murales, pièces uniques. Imaginées pour un lieu et pour ceux qui le font vivre, elles en font un décor végétal, une parenthèse offerte à qui l’habite ou ne fait qu’y passer.

Branche d'aubépine en fleurs sur un mur clair, la plante qui a donné son nom aux Aubépines

Pourquoi Les Aubépines ?

Aube. Épine.

D’un côté, la clarté tendre d’un jour qui commence. De l’autre, la pointe qui protège ce qui est fragile. L’aubépine, l’« épine blanche » des Latins, porte dans son nom cette alliance de douceur et de force, de porcelaine et de métal.

Foisonnante et généreuse, elle veille sur les haies et abrite tout un peuple vivant. Graphique et poétique, elle porte en elle un charme ancien. Elle peut vivre des siècles. Comme une vieille dame, elle a beaucoup à raconter : on l’accrochait au-dessus des berceaux pour les protéger, on l’offrait aux jeunes mariés en porte-bonheur.

C’est ce nom que j’ai choisi en 2022, quand Les Aubépines est née.

Champignons en dentelle sur une écorce couverte de mousse, en forêt limousine

Aux sources

Mon regard prend le temps de se poser. En ville comme en forêt, tout peut m’émerveiller.

Une plante qui surgit où personne ne l’attend. Les plis d’un champignon, ourlés comme un drapé. L’odeur de la mousse après la pluie. La lumière qui glisse entre les feuillages.

Et partout, ce qui a franchi les âges : une pierre sculptée par les années, une ferronnerie ancienne. Le passé me fascine, et plus encore dans les lieux sacrés, où le silence semble vibrer. On y lit le geste et un autre rapport au temps.

J’aime par-dessus tout les espaces sauvages, à l’écart du tumulte des hommes, où seule la nature se fait entendre. C’est là que j’apprends à regarder.

De ces moments de grâce et de cette envie d’embrasser la vie naissent mes créations.

Main tenant une branche de gui en laiton, sculpture végétale Les Aubépines

Le fil végétal

Je ne me sens jamais aussi bien que lorsque la verdure m’enveloppe tout entière. Discret, le végétal a ce pouvoir : il apaise, sans rien demander.

De l’infiniment petit à l’immensité d’un paysage, il déploie une beauté sans cesse renouvelée. La sensibilité même s’y incarne, jusque dans le langage : sous terre, les arbres dialoguent en silence par leurs racines ; à leur cime, certains, par timidité, se frôlent sans jamais se toucher.

Derrière une apparente vulnérabilité se cache une force tranquille : le végétal ploie, et toujours repousse. Une délicatesse qui me traverse. C’est en elle que je puise mon inspiration.

Agnès Nicot