De main en main
Avant l’atelier, il y a eu le bloc opératoire. Comme infirmière, j’y ai appris l’exigence d’un travail technique : la précision et le calme de la main. On dit parfois que les chirurgiens sont les artisans de la médecine. J’avais, sans le savoir, déjà un pied dans l’artisanat.
Puis il y a eu Yves, bijoutier-joaillier. Le jour où il m’a fait découvrir son atelier, une envie est née, et ne m’a plus quittée. Le temps d’un compagnonnage, il m’a transmis une part de son savoir-faire, et surtout un regard : voir dans le doute non pas un obstacle, mais une terre fertile.
De ces deux écoles et de mon héritage familial, j’ai gardé le goût de l’outillage, de la main qui façonne, et la conviction que la justesse demande du temps. À mon tour, je transmets : ce que l’on reçoit ne demande qu’à être semé.
Dans mon atelier de Limoges, geste après geste, la matière prend vie. Lentement.





